Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Morgan Freeman, Hilary Swank, Clint Eastwood,
Genre : Drame Romance
Nationalité : Américain
Date de sortie : 23 mars 2005
Durée : 2h12mn
Clint Eastwood a fait son ½uvre de l'amour et des fêlures humaines, il touche ici au sublime.
L'argument : Frankie Dunn, entraîneur au placard, gère sa salle de boxe avec Scrap, son ancien poulain. Lorsque apparaît Maggie Fitzgerald, avec sa détermination et sa rage d'arriver, elle va combler le vide qui creuse jour après jour la vie de Frankie.
Notre avis : De cette relation trouble qui rapproche deux êtres par leurs blessures intimes, Clint Eastwood a construit une ½uvre. Une ½uvre où le c½ur, sans cesse à vif, ne peut que battre pour une douleur annoncée sans jamais prendre le temps de se protéger. C'est pourtant ce que Frankie répète à Maggie, inlassablement, protège-toi. Des coups de l'adversaire comme de ceux du destin. Maggie tombera d'une trop grande foi en l'autre, Frankie de cette blessure du c½ur qu'aucun soigneur n'aura pu refermer. Tout se tient sous le regard de Scrap, l'alter ego, tout à la fois l'½il de Caïn et la voix intérieure, celui qui dit et qui sait, celui qui parfois infléchit le destin pour en faire une vie. Dans un casting irréprochable, Clint Eastwood se taille un rôle sur mesure avec cet homme torturé par une blessure secrète, et Hilary Swank, magnifique, met toute son âme dans le personnage de Maggie, et ses tripes sur le ring.
Si le monde de la boxe sert de toile de fond au drame humain, il n'est jamais exploité dans le spectaculaire. Eastwood s'en tient à l'indispensable pour rendre palpable cette lutte contre soi-même, contre son propre corps, qui transforme la douleur en rage de vaincre. Il sait aussi montrer l'ivresse du ring, l'élan de la foule, la violence jetée en pâture, cet étourdissement, jusque dans ce dernier match, à couper le souffle, qui cogne comme un écho à un autre combat, littéraire celui-là, celui de James Ellroy dans Le dahlia noir. On y sent la consistance de la haine qui mène à toutes les victoires, plus forte que la technique, plus forte que la volonté, au-dessus des lois. Maggie la pied-tendre s'y rompra.
Le réalisateur a une tendresse pour ces personnages au bord de l'abîme, qui un jour lâchent la bride pour se perdre dans un élan du c½ur, ceux qui ne savent pas dire l'amour mais qui savent le montrer. On peut hausser les épaules, on peut crier au mélo, Clint Eastwood réussit une fois de plus à fouiller le non-dit pour atteindre chacun de nous au plus intime. Enfin, Million dollar baby touche au sublime parce qu'il sait faire du ring l'espace du mythe où vont s'affronter les passions universelles.
Avec : Morgan Freeman, Hilary Swank, Clint Eastwood,
Genre : Drame Romance
Nationalité : Américain
Date de sortie : 23 mars 2005
Durée : 2h12mn
Clint Eastwood a fait son ½uvre de l'amour et des fêlures humaines, il touche ici au sublime.
L'argument : Frankie Dunn, entraîneur au placard, gère sa salle de boxe avec Scrap, son ancien poulain. Lorsque apparaît Maggie Fitzgerald, avec sa détermination et sa rage d'arriver, elle va combler le vide qui creuse jour après jour la vie de Frankie.
Notre avis : De cette relation trouble qui rapproche deux êtres par leurs blessures intimes, Clint Eastwood a construit une ½uvre. Une ½uvre où le c½ur, sans cesse à vif, ne peut que battre pour une douleur annoncée sans jamais prendre le temps de se protéger. C'est pourtant ce que Frankie répète à Maggie, inlassablement, protège-toi. Des coups de l'adversaire comme de ceux du destin. Maggie tombera d'une trop grande foi en l'autre, Frankie de cette blessure du c½ur qu'aucun soigneur n'aura pu refermer. Tout se tient sous le regard de Scrap, l'alter ego, tout à la fois l'½il de Caïn et la voix intérieure, celui qui dit et qui sait, celui qui parfois infléchit le destin pour en faire une vie. Dans un casting irréprochable, Clint Eastwood se taille un rôle sur mesure avec cet homme torturé par une blessure secrète, et Hilary Swank, magnifique, met toute son âme dans le personnage de Maggie, et ses tripes sur le ring.
Si le monde de la boxe sert de toile de fond au drame humain, il n'est jamais exploité dans le spectaculaire. Eastwood s'en tient à l'indispensable pour rendre palpable cette lutte contre soi-même, contre son propre corps, qui transforme la douleur en rage de vaincre. Il sait aussi montrer l'ivresse du ring, l'élan de la foule, la violence jetée en pâture, cet étourdissement, jusque dans ce dernier match, à couper le souffle, qui cogne comme un écho à un autre combat, littéraire celui-là, celui de James Ellroy dans Le dahlia noir. On y sent la consistance de la haine qui mène à toutes les victoires, plus forte que la technique, plus forte que la volonté, au-dessus des lois. Maggie la pied-tendre s'y rompra.
Le réalisateur a une tendresse pour ces personnages au bord de l'abîme, qui un jour lâchent la bride pour se perdre dans un élan du c½ur, ceux qui ne savent pas dire l'amour mais qui savent le montrer. On peut hausser les épaules, on peut crier au mélo, Clint Eastwood réussit une fois de plus à fouiller le non-dit pour atteindre chacun de nous au plus intime. Enfin, Million dollar baby touche au sublime parce qu'il sait faire du ring l'espace du mythe où vont s'affronter les passions universelles.

